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20/03/2008

Le dernier "poilus" hommage de la France à ses sauveurs - Revue de presse

REVUE DE PRESSE









Lazare Ponticelli - La mort du dernier témoin ne fera pas oublier la barbarie



C'était « le dernier poilu », comme l'a dit et répété la presse. Lazare Ponticelli est mort le 12 mars, à 110 ans. Bien qu'ayant demandé pendant toutes ses dernières années à ne pas avoir d'obsèques nationales, il en a eu quand même quelques jours après dans le cadre d'une célébration organisée aux Invalides, le 17 mars. Il fallait bien que Sarkozy et quelques autres trouvent l'occasion de pontifier sur la guerre, la paix et « l'amour de la patrie ».L'histoire de Lazare Ponticelli, au début du 20e siècle, fut celle de bien des immigrés : venu d'Italie, arrivé seul en France à 9 ans, ne sachant ni lire, ni écrire, ni parler français, il fut ramoneur, puis crieur de journaux. Et en 1914, engagé volontaire.Une abominable boucherie Il connut les pires moments de l'abominable boucherie que fut la Première guerre mondiale. Et de tous les côtés : car après avoir combattu dans l'armée française, il fut arrêté et incorporé de force en 1915 dans l'armée italienne. Après les tranchées de l'Argonne sous l'uniforme français, dans un régiment qui perdit, lors du premier combat, 160 hommes en dix minutes, Ponticelli connut donc sous l'uniforme italien, les massacres du front italo-autrichien dans les Dolomites.Sur la fin de sa vie, comme beaucoup d'autres anciens combattants, Ponticelli ne parlait à la presse que pour dire son dégoût de la guerre et du « gâchis » qu'elle représenta - avec 9 millions de tués et 6,5 millions de blessés. Tout comme un autre de ces survivants, mort peu avant lui, Louis de Cazenave, qui à 108 ans disait encore avec colère à un journaliste : « La guerre ? Un truc absurde, inutile. À quoi ça sert de massacrer les gens ? Le patriotisme ? Un moyen de vous faire gober n'importe quoi ! »Les fraternisations Parmi les souvenirs de ces « poilus », ceux de Ponticelli autant que ceux des autres, on trouve aussi des histoires de fraternisation entre ces soldats réputés ennemis mais qui n'étaient rien d'autre que « des prolétaires sous l'uniforme ».Ces souvenirs de fraternisation ont été soigneusement évités dans le discours que Sarkozy a prononcé devant le cercueil de Ponticelli : le rédacteur de ce discours a préféré ne garder que ce qui était politiquement et patriotiquement « correct ». Ainsi, Sarkozy a décrit, avec des trémolos dans la voix, comment le soldat Ponticelli alla, sous le feu, sauver un soldat français « dont la jambe avait été arrachée par un éclat d'obus ». L'anecdote a été tronquée : car avant de sauver ce soldat, Ponticelli était allé récupérer un soldat allemand blessé et l'avait ramené jusqu'à ses lignes. De même, Sarkozy n'a pas raconté les moments de fraternisation entre soldats italiens et autrichiens. Ponticelli racontait que d'un camp à l'autre, « on s'envoyait des messages avec un élastique. Ils nous donnaient du tabac et nous, des boules de pain. Personne ne tirait plus. » Jusqu'à ce que l'état-major découvre le manège et « nous déplace dans une zone plus dure ».De telles fraternisations ont éclaté sur tous les fronts et ont culminé en 1917. C'est cette année aussi que la haine de la guerre, des massacres et des tranchées provoqua non seulement la révolution russe, mais aussi la plus formidable vague révolutionnaire que l'Europe eût jamais connu.On comprend que plutôt que d'évoquer ces souvenirs, l'État français organise une cérémonie convenue, avec lecture de poèmes ridicules « Ponticelli, avec un P comme le Paradis que vous rejoindrez ».La mort de ce dernier témoin ne doit pas éteindre la mémoire de la Première Guerre mondiale. Celle-ci reste dans des livres, comme ceux de l'auteur allemand Remarque ou d'auteurs français comme Jules Romain ou Henri Barbusse. Et surtout, elle doit rester dans la mémoire du mouvement ouvrier, comme la preuve que le capitalisme porte en lui la guerre, et la portera tant qu'il existera. Comme l'écrivait Trotsky en 1916, « l'extermination automatique de la fleur des peuples a poursuivi sa voie (...) Ouvrières et ouvriers d'Europe ! Si une faible partie seulement de ces sacrifices, de ces vies, de ce sang que la guerre exige avait été sciemment consentie à la cause du socialisme, l'Europe eut été tôt libérée du honteux régime d'oppression et d'exploitation ! »Il n'y a que le renversement de ce système qui pourra interdire, à l'avenir aux capitalistes de jeter encore une fois l'humanité dans la barbarie.





Pierre VANDRILLE


http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2068&id=40

Depuis la levée du jour, les drapeaux sont en berne sur le fronton des mairies. A midi, lundi 17 mars, la foule des grands jours se presse, dans l'église Saint-Louis-des-Invalides, à Paris, pour l'hommage national que le dernier "poilu" français avait fini par accepter du bout des lèvres, il y a deux mois, à 110 ans. "Je crois que nous devons être reconnaissants à Lazare Ponticelli et à sa famille d'avoir accepté cet hommage national et cette célébration élargie", commente Mgr Patrick Le Gal dans son homélie. "Lazare, c'est l'homme qui ne s'appartient plus tout à fait", car "il a traversé l'Histoire".
Trois siècles d'histoire sont venus lui dire un dernier adieu : des chapeaux de feutre à grande plume d'aigle, ceux de chasseurs alpins italiens, qu'il avait rejoints en 1915, dix-huit ans après sa naissance en Emilie ; des faux "poilus" dans des uniformes bleu horizon, pour raconter les huit millions et demi d'hommes mobilisés entre 1914 et 1918 ; pour le XXIe siècle, sont venus l'un des ex-présidents de la Ve République, Jacques Chirac, et son successeur depuis 2007, Nicolas Sarkozy, qui joint ses mains et se signe à plusieurs reprises.
Mais "Lazare" avait aussi une grande et belle famille, et des amis venus en nombre. Avant que quatre soldats de la légion étrangère n'emportent son cercueil, Patrick Large raconte en quelques mots son grand-père : sa manière de dire, ainsi, "quand le pain était à l'envers sur la table : "On ne laisse pas le pain couché sur le dos.""
Sur les pavés, Nicolas Sarkozy a pris la main de la fille du "der des der". Définitivement consacré historien officiel du quinquennat, l'académicien Max Gallo cite Primo Levi : "Considérez si c'est un homme/Que celui qui peine dans la boue", et loue ce début de XXe siècle qui fut "le temps de l'héroïsme sans grands mots". Puis, sous le dôme des Invalides, on dévoile une plaque qui, à côté du tombeau du maréchal Foch, promet que "la France conserve précieusement le souvenir de ceux qui restent dans l'Histoire comme les "Poilus" de la Grande Guerre".
"Le souvenir, en effet, est fragile quand la mort est passée, dit M. Sarkozy. Nul désormais ne racontera plus à ses petits-enfants ou à ses arrière-petits-enfants la vie terrible des tranchées. (...) En cet instant, dans toute la France, la pensée de chacun se tourne vers ces femmes et ces hommes qui nous ont appris la grandeur du patriotisme, qui est l'amour de son pays, et la détestation du nationalisme, qui est la haine des autres."
Le choeur de l'Armée française entonne plus gaiement le chant fétiche des soldats des tranchées, Quand Madelon vient nous servir à boire, avant que Lazare Ponticelli ne soit inhumé, au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine.

Ariane Chemin
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/18/l-hommage-de-la-nation-au-dernier-poilu-celui-qui-ne-s-appartient-plus-tout-a-fait_1024566_3224.html

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